jeudi 26 novembre 2015

TEAC V-7010 : retour à la vie.

En passant, ce petit billet concernant la remise en état d'un magnétophone de référence, le TEAC V-7010 :

http://www.audio-heritage.jp/TEAC-ESOTERIC/player/v-7010.html

Mise en situation : ce lecteur/enregistreur fonctionnait sans problème puis un jour, en 2007 ou 2008 je ne m'en souviens plus bien, la mise en lecture d'une cassette s'est traduite par un défilement de bande beaucoup trop élevé. D'après le rendu sonore, j'imagine que la vitesse de défilement était au moins deux fois supérieur à la normale. Au bout de quelques minutes, elle à ralenti jusqu'à finir par se stabiliser à la bonne vitesse. Ce phénomène n'a fait qu'empirer au fil du temps à un point que, six mois après son apparition, l'appareil n'était plus utilisable.

Bien évidemment, étant donné le symptôme, j'ai de suite suspecté un problème sur un condensateur de stabilisation. TOTALEMENT FAUX. Et il m'a fallu sept ou huit ans pour trouver la solution.

De suite, je me suis orienté vers la carte d'asservissement du cabestan. Je ne voyais pas à quel autre endroit pouvait mieux se situer le problème. En image, voilà de quoi il s'agit :

En cours de traitement.
La carte d'asservissement est donc placée à l'arrière de la mécanique. Les quatre 'gros' condensateurs bleus/verts, des chimiques donc susceptibles d'être les premiers incriminés, ont déjà été changés par mes soins quelques années auparavant. Sur cette dernière intervention, je travaille juste à gauche du circuit intégré TC9142P qui est le circuit d'asservissement. J'y remplace les deux condensateurs de découplage du quartz et vais y ressouder le quartz de l'horloge de référence.

Sans rentrer dans les détails, ce circuit TC9142P contient la PLL qui, calée sur cette horloge de référence, fournit les signaux nécessaires au circuit qui alimente le moteur, un M56730. Ce circuit intégré M56730 est prévu pour 'driver' les moteur brushless.

Parce que je venais de constater que le simple fait de toucher une des broches d'un de ces condensateurs de découplage faisait varier la vitesse de défilement de la bande, donc, la vitesse de rotation du moteur. J'étais donc cette fois sur une 'vraie' piste. Après remise en place des composants sur la carte et remontage partiel de l'appareil, le défaut précédemment constaté s'est largement estompé mais reste toujours bien présent. Il ne faut plus que quelques secondes pour obtenir la stabilisation à la bonne vitesse. Mais ça n'est pas encore ça!

Gros plan ou doit se situer le problème, quartz et condensateurs remis en place.
Pour reprendre une citation bien connue : "j’étais à deux doigts de m’agacer" et de me décider une bonne fois à jeter ce lecteur TEAC à la benne. Opération tout simplement traumatisante en ce qui me concerne, mais je m'y étais préparé.

Cependant (la, on sent qu'un dénouement heureux se profile à l'horizon), depuis le premier démontage de cette mécanique, je m'étais un peu étonné du type de circuit imprimé de ce système de contrôle moteur. Une espèce de support possiblement en aluminium, sur lequel est collé quelque chose qui ressemble à une fine feuille d'époxy avec des pistes présentes que sur la face apparente et les composants soudés, version CMS, même pour les boîtiers DIP. Cette réflexion sur ce type de circuit imprimé et les diverses expériences malheureuses précédentes m'amenèrent à une seule conclusion : il doit y avoir une ou des soudures poreuses. J'ai donc donné un coup de fer sur TOUTES les soudures de cette carte. En réalité cela ne prend qu'à peine plus de cinq minutes. Et j'ai rajouté un peu d'étain AVEC plomb, la ou je trouvais les soudures d'origine grises et non pas brillantes.

Un petit coup de nettoyage des résidus de soudure à l'acétone et : BINGO!!!

Tout est dit, dès la mise sous tension, un appui sur 'lecture' démarre la mécanique à la bonne vitesse, sans la moindre fluctuation. Quelques jours après cette vague de soudure, l'appareil fonctionne toujours, et de nouveau comme un charme.

Remontage définitif de la mécanique :

Il y a des paquets de fils, mais ça reste simple, en vrai!
Et la machine, prête à être refermée :

Juste une image en plus.
Alors, on peut se demander si la publication d'un tel billet sur une machine totalement obsolète était vraiment utile. De mon avis oui. Parce que déjà cela me permet de faire vivre ce blog!

Et puis je m'en suis posé des questions sur cette panne, cela aurait été dommage de ne pas faire profiter la communauté de ce retour d'expérience. De plus, l'obsolescence ne veut pas dire grand chose. Ce 'magnétophone'  enregistre et lit avec un grain sonore analogique 'vintage' tout à fait sympathique quelque musique que ce soit. Et puis quand même, j'ai pu lire à plusieurs reprises des personnes possédant un TEAC de ce type, victimes du même problème ET totalement seules face à leur désarroi.

Or donc, voici une piste sérieuse à suivre pour quiconque rencontrera ce type de problème sur ce type de platine cassette : enjoy!

mercredi 4 novembre 2015

MODOR NF-1

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas acquis un synthétiseur neuf. La revente de certaines machines m'a permis de financer cet achat. Bien que nécessairement minimalistes, les différentes démo. que j'ai pu voir en ligne ainsi que le concept et l'ergonomie du NF-1 m'ont convaincu de passer le pas. J'ai donc passé commande chez Turnlab à Anvers. Quelques jours plus tard, pas loin de quinze en vrai (du aux delais d'approvisionnement et d'acheminement de la machine), j'ai reçu ceci :

Ça, c'est fait!
La boîte contient le synthétiseur (ouf), un manuel utilisateur en anglais, deux équerres pour la mise en rack, deux flancs en bois pour la mise en position horizontale et un bloc secteur de 9V 1A soit... 9Watts. L'appareil semble donc être très économe en énergie.

Ça, c'est fait aussi!
Nous sommes sur du matériel de constructeur disons, artisanal. Je m'attendais donc à quelques soucis. Le boitier présentait en effet un petit problème d'assemblage mécanique sur le flanc gauche :

D'ailleurs le connecteur d'alimentation n'est pas très centré.
Ce qui me donnait le prétexte attendu pour enlever les six vis du dessous, me permettant ainsi d'ouvrir le synthé. et d'en découvrir la réalisation. Je dois l'avouer de suite, je n'ai pas été déçu par la réalisation de la carte mère, pas plus que par celle de la face avant. Les circuits imprimés sont de bonne facture et l'assemblage est très bien réalisé.


Jolie carte mère.
Cette carte ne présente rien de sensationnel et on y retrouve aisément les blocs fonctionnels :

  1. Le convertisseur numérique/analogique audio, un CS4334.
  2. Le connecteur du bouton de volume, qui sert aussi de switch on/off.
  3. Le connecteur JTAG de programmation du firmware du DSP.
  4. Le DSP56724, c'est lui qui génère toute la partie audio.
  5. Le connecteur gérant les switchs et les potentiomètres de la face avant.
  6. Les connecteurs pour l'écran LCD.
  7. Le microcontrôleur qui gère la face avant et envoie les instructions de configuration au DSP.
  8. Le banc de mémoires non volatile qui contient les patchs.
  9. Les circuits d'interface MIDI dont l'optocoupleur.
  10. Le connecteur s'occupant des LEDs de la face avant.
  11. Le connecteur de programmation du PIC18F67J60.
  12. Les régulateurs de tension : un 7805 et deux LM317.
L'énoncé des composants du circuit suffit à comprendre dans les grande lignes l'implémentation numérique du synthétiseur.

La carte de gestion de la face avant est du même acabit. Elle est aussi très bien réalisée et fonctionne à merveille. A noter un point EXTRÊMEMENT IMPORTANT : les boutons poussoirs de la face avant sont de type Marquardt. Ce sont des boutons de très très bonne qualité et au touché parfait. Absolument rien à voir avec les switchs douteux que l'on peut trouver sur la plupart des machines de grandes marques. Ce type de bouton poussoir équipait il me semble le Matrix12 et l' Xpander Oberheim, histoire de le dire. Dans un billet précédent, j'évoquais la façon dont est parfois traité le client, et bien ici on ne se moque pas de lui!

Les composants sont de l'autre côté.
Je n'ai pas démonté cette carte. Il aurait fallu enlever tous les capuchons et peut-être dévisser les potentiomètres pour trouver quoi? Sans doute des multiplexeurs numériques et analogiques, ou peut-être un autre processeur recevant ses ordres du processeur de la carte mère? J'ai des doutes sur cette dernière possibilité, les connecteurs auraient été plus petits car véhiculant alors certainement des signaux série. Il ne semble pas que ce soit le cas ici.

A noter aussi que le réglage des potentiomètre est particulièrement précis et stable. L'utilisation de la face avant est un régal total et promet de longues heures d'utilisation agréable. Rien à voir avec ce que j'ai pu connaitre avec un Andromeda A6. L'instabilité de la face avant avait mérité à elle seule le fait de me séparer de la machine.

Les premiers tests audios avec les sons présents au déballage de la machine m'ont montré des possibilités très variées et une présence spectrale tout à fait plaisante malgré un étage de sortie audio pouvant sembler 'simpliste'.

Hormis quelques approximations dans l'assemblage du boitier, ce synthétiseur fonctionne parfaitement. Je n'ai rencontré pour l'instant aucun plantage ni problème de quelque ordre que ce soit.

J'aurais cependant quelque remarques à faire à Monsieur Belmans :

  • Il n'aurait peut-être pas été inutile de prévoir une sortie casque. 
  • Le défilement des rubriques principales du menu par appuis successifs avant une seconde n'est pas franchement très commode. Vous ne pourriez pas passer à deux secondes?
  • Comment est-il prévu d'effectuer les mises à jour des firmwares de la machine, si mise à jour il y a. La carte mère possède bien des connecteurs permettant cette opération mais cela ne me semble pas être trivial en ce qui concerne le DSP. 

Conclusion : j'ai pu lire certains commentaires de personnes 'estimant' le prix demandé pour ce synthétiseur, plutôt élevé. En ce qui me concerne, je suis d'un avis tout à fait contraire. Le moteur de synthèse semble tout à fait puissant, la réalisation globale est très correcte et tout particulièrement celle de la face avant qui est absolument géniale, en plus d'être très agréable à l’œil. Et dans le ressenti de la manipulation, ça compte!

Pour une première machine, bravo Monsieur Belmans.

Microsoft : la contre attaque

En ce mois d'octobre 2015, Microsoft semble avoir décidé de 'mettre le paquet' commercial sur ses nouveaux produits que sont Windows 10 et les machines nomades, tablettes et téléphones.

La 'culture', vue par Microsoft!
Je ne rentrerai pas dans le détail de toutes ces annonces, d'autres sites le font sans doute bien mieux que moi.
Ce que je retiens c'est surtout l'écosystème que tente de développer Microsoft autour de Windows 10. Force est de constater qu'à première vue, l'ensemble paraît cohérent et... bien fermé, comme d'habitude.

Je passerai sous silence tous les problèmes que pose Windows 10 dans le monde professionnel après le calamiteux Windows 8. Mais cela commence à me rassurer, je ne suis pas sûr que le marché professionnel tel qu'il existait il y a encore quelques années soit aujourd'hui celui qui intéresse le plus Microsoft, bien au contraire. Il y en aura sans doute pour les développeurs en herbe, nourris à l'idéologie 'startupiènne' sans lendemain et élevés dans les ghettos protégés des grandes universités, ce micro environnement est fait pour eux :

Ça fonctionne, mais le chemin est encore long!
Pour les autres, ceux qui essaient (pas moi) de développer sous Windows, de faire fonctionner d'anciennes applications, la tâche risque d'être très compliquée. Je me demande quoi penser d'une telle présentations :


C'est évident, on peut en faire des choses avec Windows 10!

Alors évidemment, ça peut en faire rêver certains (c'est même fait pour ça). Gardons les pieds sur terre : en France, l'informatique est un domaine EXCLUSIVEMENT RÉSERVÉ AUX HAUTS DIPLÔMÉS. Le système de recrutement et les aides publiques favorisent l'emploi des ingénieurs dans ce corps de métier en dégradant l'employabilité que pourrait présenter un 'moins' diplômé, même de génie.

L'annonce de François Hollande début 2016 concernant le mise en formation de 500 000 'chômeurs' aux métiers d'avenir est donc totalement tendancieuse et malhonnête envers le peuple, puisque ces métiers d'avenirs ne recruteront pour la plupart que des diplômés, favorisés de plus par l'actions du législateur sous forme d'aides diverses et variées à l'embauche, et certainement pas les personnes à la qualification la plus faible. Hors majoritairement, ce sont les moins qualifiés qui sont les moins employables, et donc le plus au chômage.


En acceptant ce contrat pour le moins pernicieux, vous accepterez de servir une baisse artificielle des statistiques du chômage, d'être formés à devenir de la 'chair à cannons', employables aux tâches les moins gratifiantes, les plus incertaines, les moins bien rémunérées et les moins pérennes.

J'ai pu lire quelques commentaires sur ce chiffre énorme de 500 000 personnes à former :

- Quelle logistique à mettre en place?
- Quel va être le cout d'une telle mesure?
- etc etc...

Soyons raisonnables, réellement une telle mesure profitera au final à peut-être 10% des chômeurs concernés soit 50 000 personnes, et encore! Alors oui, cette mesure aura réellement coûté DIX fois plus qu'annoncé. Cet argent pourrait sans doute servir à autre chose qu'à des fins électoraliste!!!